lundi 16 février 2009

Dimanche 8 février 2009 - Annick Wilmotte


Le dimanche, je monte vers l'arête Est du nunatak avec un groupe qui va escalader le rocher,

Benoit qui est guide de montagne, Jean qui pratique l'escalade et a envie de s'aérer après des journées à cabler et travailler sur la gestion électronique, Sébastien, Cyrille, Steve et Jeroen.

Je m'arrête au pied des rochers tandis qu'ils continuent et Karolien me rejoint un peu plus tard. C'est de nouveau la fête! Il y a de beaux lichens crustacés noirs et orangés, des petites boules de mousse noires, des Umbilicaria avec des 'feuilles' surlignées en blanc et même des Usnea qui ont des ramifications. Et de nouveau, la base des rochers est cachée dans un épais tapis de neige.


Il me semble qu'il n'y a pas de hasard, dans cette région, j'observe que les organismes sont surtout présents dans les fentes et plate-formes des gros rochers de granit bien exposés. Il n'y en a pas dans les éboulis et les pierriers instables et constitués surtout de pierres de plus petite taille. Dans ces 'caillasses', l'humidité ne reste pas longtemps non plus. Il me faut donc sans doute chercher le granit, si je veux maximiser mes chances de trouver des organismes.



L'après-midi, Steve vient avec moi sur le ridge pour prendre les coordonnées GPS d'une surface qui me semblerait intéressante comme point de référence pour suivre les variations des communautés biologiques au cours du temps. Elle se situe juste avant le cairn, et inclut le bloc de granit où Damien a inscrit le chiffre 18. J'enterre aussi quatre lames de microscope à moitié dans les fentes près de mousses, pour voir s'il serait faisable de faire une expérience de colonisation à plus grande échelle l'an prochain.

Le soir, tout le monde se retrouve pour le souper. En parlant avec les personnes qui travaillent à la Station, je m'aperçois que beaucoup sont des indépendants qui ont leur petite entreprise en toitures, menuiserie, garage, etc... Il y a pas mal de bénévoles. Ils travaillent tous de longues journées ici, sur le toit, dans les garages à courants d'air, .. et ils font de tout selon les besoins. Pour certains, c'est l'occasion d'une halte, par ex. après une mise à la retraite, pour penser à ce qu'ils vont faire au retour. D'autres disent que le stress dont ils souffrent parfois en Belgique est inexistant ici, car nous sommes déconnectés du monde. Pas d'actualités à la TV, pas de GSM (seulement de temps en temps un coup de téléphone avec le satellite IRIDIUM), pas d'Internet (seulement le courriel avec une addresse commune pour tous)... D'ailleurs, les magazines dans la tente mess, datent de plusieurs semaines et Jacques avait amené des journeaux belges avec lui, car cela fait toujours plaisir ici. Cette Station doit être un type de construction assez unique, basé surtout sur des individus plutôt que des grosses organisations. Cette année, sont venus s'ajouter les équipes de Laborelec et Schneider Electric, qui apportent leur spécialisation en installation électrique, en électronique et gestion de tous les composants.

AnnickWilmotte

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire