Ce jeudi, notre dernier jour à Cape Town, nous décidons d'aller à Kirstenbosch, le jardin botanique (www.sanbi.org). Il est situé à quelques kms de la ville, au pied de la 'Table Mountain' et est très connu pour sa richesse botanique.
Nous découvrons un site très diversifié avec des jardins à thèmes et une réserve naturelle le long de chemins vers la 'Table Mountain'.
Près de l'entrée, nous admirons des sculptures en 'moonstone', des colibris colorés butinant des knifophias oranges,...
Il y a beaucoup de plantes aromatiques dans cette région, et elles sont rassemblées dans le Jardin des Parfums. Tout cela me rappelle l'Observatoire du Monde des Plantes de l'ULg, où il arrivait que je guide des groupes en anglais et néerlandais. J'aimais cet endroit et j'espère qu'il sera sauvé de la fermeture complète. Une des serres contenait la végétation de type méditérranéenne, qu'on trouve près de la Mer Méditérranée, mais aussi au Cap et en Californie.
Un jardin des plantes utiles, employées couramment par les peuples autochtones, entoure une hutte construite en argile. Je suis touchée par un jouet pour les enfants, un village en vannerie qui est offert à la naissance. Ce village invite à imaginer des histoires, tout comme nous jouions avec les villages construits en briques Légo.
Un peu plus loin, il y a un chemin 'Braille' où les aveugles peuvent suivre une grosse corde. Il y a des plaquettes explicatives en Braille, incluant des invitations à toucher des feuilles ou des surfaces.
Je remarque une Anchusa capensis, dont j'aime le bleu profond. Je n'avais pas réalisé qu'elle venait d'ici, et pourtant son nom 'capensis' l'indique bien. Il y a aussi des achillées, sauges, agapanthes, un buisson avec des 'ballons', des Cycadales, etc... Plus haut, une partie du jardin est dévolue au 'fijnbos'. Il s'agit d'un type de végétation typique de la Région du Cap.
Par habitude, je dirais presque 'par réflexe', mon regard examine les surfaces et les rochers. Il y a tant de choses à voir, des mousses, lichens, pellicules noirâtres qui sont sans doute des cyanobactéries, ... Tout est incroyablement riche, par comparaison avec l'Antarctique. Quel contraste!
Jeroen cherche à observer de nouveaux oiseaux qu'il identifie grâce à son guide ornithologique, tandis que Cyrille retourne les souches pour y trouver des insectes, qu'il nous montre. Les autres quittent les jardins et se dirigent vers la réserve naturelle.
Je retourne vers les jardins car les fleurs restent mes préférées et je ne me lasse pas de les contempler.
Je retourne en ville juste à temps pour racheter une pile pour ma montre et pour visiter les 'Jardins de la Compagnie', un parc en pleine ville, dans lesquels je suis passée rapidement en me disant qu'il fallait revenir pour prendre le temps de bien les regarder. C'est la dernière occasion.
Se retrouver ce mercredi à Cape Town est un chouette moment de détente, qui fait comme un 'sas' après notre expédition. Prendre une douche, se coucher dans un lit confortable, mettre un tee-shirt, sentir l'air chaud sur la peau, prendre son petit-déjeuner dehors,... Trop occupée par tout ce qui se passait à Utsteinen, cela ne m'a pas manqué, sauf la douche, mais c'est bien agréable! Evidemment, il y a le bruit, la pollution, et autres problèmes liés à notre civilisation.
En Antarctique, le silence était souverain. Sur la base, il y avait bien le bruit des générateurs en journée et parfois, les éoliennes bourdonnaient en faisant comme un bruit lointain d'hélicoptères. Le froid était supportable grâce aux nombreuses couches de vêtements, la nourriture bien calorique et le fait que nous bougions beaucoup. L'IPF nous avait prêté quatres couches de polaires et coupe-vents, ainsi qu'une sorte de duvet synthétique à capuche, des lunettes de ski, un pantalon coupe-vent, une cagoule, des gants et moufles, un bonnet, et de grosses bottines de marque canadienne qui contiennent une bottine interne en feutre. Ainsi, on peut dissocier la bottine interne et la faire sêcher séparèment. Je dois dire que tout était si serré que je n'ai jamais su enlever la bottine interne, et c'est aux pieds que j'ai parfois eu le plus froid.
Ce n'était pas non plus évident d'enlever les gants pour prendre les échantillons, et d'ailleurs, Cyrille avait attrapé des crevasses au bout des doigts. Pour compléter notre équipement, il a fallu que nous achetions les sous-vêtements thermiques (tee-shirt et collants), les chaussettes et sous-chaussettes, tour du cou, sous-gants et des lunettes solaires avec la protection la plus haute, 4. J'ai aussi réutilisé du matériel acheté lors de mon expédition sur la Péninsule Antarctique, veste, pantalon, chaussures fourrées, ...Nous devions aussi amener un thermos, à remplir de liquide chaud avant de partir sur le terrain, pour nous réchauffer. Pour nous laver, il y avait un container 'Bath room' avec 4 cabines sur caillebotis. Des résistances chauffaient l'eau et l'air, mais il fallait bien penser à remettre des blocs de glace à fondre pour les suivants. Deux petits bassins ou bien un grand dans lequel on pouvait se tenir, permettaient de se laver. Notre guide, Alain, utilisait un système avec une espèce de pulvérisateur pour imiter une vraie douche. Quant au container 'Drying room', il contenait une jeanine qui faisait également fondre les blocs de glace qu'on y déposait et réchauffait l'air (en partie), des seaux dans lesquels on faisait sa lessive et un sèchoir avec des fils. Cela marchait bien pour les vêtements fins ou en synthétique, mais si on s'éloignait de la jeanine, les vêtements gelaient. C'était comique, ces tee-shirts devenus solides et qui tenaient tout seuls! Quant aux toilettes, cela me rappelait les toilettes sêches, avec sciure, sauf qu'après 8 usages, il fallait détacher les sacs plastic et les jeter dans un fût vide qui serait rappatrié à Cape Town dans 1 ou 2 ans, et remettre deux nouveaux sacs. Les messieurs avaient en plus, droit à un bel urinoir caché par un arbre en bois. Que vont devenir ces facilités? La station étant trop petite pour tous, je suppose que le camp restera?
Après un petit tour sur un marché artisanal, les autres vont en excursion à Robben Island, où est la prison où Nelson Mandela a séjourné. N'ayant pas encore vu le 'Waterfront', je préfère l'explorer.
Thomas et Sébastien travaillent sur le montage de leur film. Cela fait bizarre de se retrouver ici, mais sans Alexandre, Irina, Jean, Wim, Dries, Dominique, Jacques et Protect 77.
Je vois enfin le fameux poteau indicateur montrant la distance vers le Pôle Sud, et ne résiste pas à demander à quelqu'un de me prendre en photo en-dessous, comme Karolien à l'aller.
C'est la dernière soirée de Grégory, Steven, Dominique, Benoit, et Alain qui partent ce jeudi matin très tôt.
Ce mardi 17 février, après le petit déjeuner, nous rangeons les sacs de couchage et faisons nos valises. Puis, c'est l'attente dans la tente mess en discutant.
Thomas photographie la mascotte de son fils à côté du skua, qui vit à côté de la tente mess et est sans doute nourri avec les restes. Une nouvelle niche écologique pour cette espèce, qui est sans doute plus facile que la capture des pétrels des neiges et autres oiseaux.
Vers 11h, un premier avion atterrit et les occupants viennent nous rejoindre. Mais très vite, le logisticien russe vient nous dire qu'il faut montrer vite dans l'Ilyuchin, et que celui-ci décole dans 20 mins! Hum, le reste de l'histoire nous montrera qu'on n'avait pas besoin de se presser! Je saute dans le traineau avec Hugo, Jacques, et les journalistes.
Une fois dans l'avion, où un autre groupe d'invités est monté directement sans même pouvoir aller se désaltérer au mess, commence une longue attente. La porte est toujours ouverte et il fait désagréablement froid. Les pilotes ont commencé à faire tourner les moteurs, puis tout s'arrête. Nous attendons. On nous dit qu'un moteur est gelé. Puis, que c'est une fine tubulure amenant le kérosène qui est gelée, mais on ne sait pas y accéder. Les russes démontent une tôle, amènent quelquechose qui ressemble à un sêche-cheveu, puis un canon à chaleur qui ne marche pas. De l'arrière, on crie 'La porte'... comme si quelqu'un l'avait oublié, mais hélàs, nous resterons deux heures dans le froid à attendre que le fameux tuyau soit dégelé et qu'on remette la tôle (sans quelques vis qui n'ont pas pu être replacées!). Entretemps, l'équipage essaie de nous réconforter avec des sandwiches, du café et du chocolat.
Je demande à Jacques Brassine, assis dans la même rangée, s'il va prendre des vacances en rentrant en Belgique? Il répond qu'il a promis certaines tâches et qu'il n'aura guère de repos. Quelle énergie! Il est arrivé avec notre groupe et a beaucoup travaillé à la préparation de l'inauguration mais ce n'était qu'une partie de ses activités: il a vidé plusieurs containers, protégé des boiseries avec du vernis, fait les lits des invités à la Station, aidé à vider les containers d'ameublement.... et d'autres choses sans doute. Nous voudrions être aussi bien que lui quand nous aurons son âge! Il m'a raconté qu'il avait récemment passé son doctorat honoris causa en Sciences Politiques sur le sujet de l'assassinat de Lubumba. Il a fallu attendre que les militaires soient mis à la retraite pour qu'ils puissent raconter ce qu'ils ont vécu dans cette période troublée.
Après 6 heures de vol, nous atterissons à Cape Town. Il y a une caméra dans le nez de l'avion, et nous voyons les lumières de la ville et du champ d'aviation en direct. C'est impressionnant car nous avons eu l'impression que l'avion voulait atterir alors que la piste commencait plus loin. Effet d'optique. Nous récupérons les bagages et retrouvons avec plaisir le Lady Hamilton Hotel. Il est très tard, à cause du retard à Novo et nous partons de suite chercher à manger dans Long Street.
Voici notre dernier jour à Utsteinen! Que tout est vite passé!
Jacques conduit un petit groupe intéressé par les activités scientifiques vers le lac situé en face de la base, au pied du nunatak. Là, Jeroen et Steve doivent faire une démonstration de forage dans la glace.
Malheureusement, l'extrémité de la vrille est couverte de glace et Jeroen doit remonter à la Station pour casser la glace avec un marteau. Entretemps, Cyrille présente les collemboles et acariens, à la fois sur une pierre ramassée à Utsteinen et dans ses petits pots d'alcool. Il explique aussi leur biologie et leur évolution. Entretemps, Jeroen revient et le forage peut commencer. De l'eau jaillit, mission accomplie! Ensuite, je parle de la diversité des microorganismes et du projet BELSPO BELDIVA, pour lequel nous sommes venus. Il y a des journalistes de plusieurs organes de presse qui sont venus: Reuter, AFP, Al Jazeera, VRT et La Première... et des interviews ont lieu. Pascale, la journaliste de la RTBF et le caméraman du service média de l'armée m'accompagnent sur le début de l'arête rocheuse pour que je puisse montrer des boules noires de mousse et répondre à des questions. J'aurais voulu mieux trouver les bons mots, mais étant fatiguée, je n'ai pas trouvé l'exercice facile. Encore une discussion avec le journaliste de Reuter, puis je cours finir mes bagages. Tout va si vite, que je n'ai même pas le temps de relire son texte, qu'il voulait taper en 20-30´mins pour que je vois si j'étais bien d'accord. Finalement, nous n'avons rien su de ce qui s'est dit sur les ondes et antennes en Belgique et ailleurs. La connection satellite de la station ne marche toujours pas, et les journalistes galèrent un peu pour envoyer leurs reportages. Heureusement, la solidarité joue et le journaliste de l'AFP me dit que c'est grâce à son concurrent de Reuter qu'il a pu envoyer sa contribution. Quand à moi, je cours pour ramener mes sacs pour 14H15, heure de départ des traineaux, et nettoyer le container scientifique. J'oublie mes chaussettes en train de sêcher dans le 'Drying room', évidemment.
Olivier a mis deux grands traineaux en face de la tente bureau pour prendre les bagages et les personnes avec le Prinoth vers le terrain d'aviation. Michel distribue un tee-shirt commémoratif de l'inauguration et une bouteille à remplir avec la glace de la Station. Peut-on en attendre des miracles? Après tout, avoir vécu cette expérience du travail de terrain à Utsteinen me semble un privilège exceptionnel, comme je le dis à Alain en lui disant merci et au revoir.. Un miracle de la Vie!
Dans la tente bureau, je vais vite demander à Gigi le tampon de la Station sur mon passeport et elle me remet un certificat de participation à la cérémonie d'inauguration.
Et voilà, le traineau s'ébranle puis stoppe car on crie, Steven n'est pas encore monté, arrêtez!
Nous sommes 13 à partir, BELDIVA, Conrad, Sébastien et Thomas, Benoit, Dominique, Steven et nos guides de haute-montagne Alain et Benoit. Deux des bâches de l'exposition Protect77 nous accompagnent ainsi que notre congélateur.
D'autres personnes sont venues de la station pour dire au revoir et donner un coup de main. Vers 16H, nous arrivons à l'aéroport de Novo, où la neige qui enterrait presque les tentes à l'aller a complètement disparu. Le logisticien russe nous fait mettre des autocollants de couleur sur le 'cargo', et nous guarantit qu'il connecte le congélateur au réseau.
Nous faisons un brin de conversation avec Jan, notre pilote favori. Il dit que le vol en Antarctique requiert pas mal d'expérience et qu'il est difficile de trouver des jeunes pilotes, bien qu'ils soient bien payés. Il y a plein des problèmes spécifiques dûs aux basses températures, et qu'il faut connaître. Par exemple, il nous explique qu'à l'atterissage, les skis s'échauffent très fort. C'est pour cela que l'avion s'arrête une minute près de sa place de 'parking', puis repart quelques mètres plus loin. Entretemps, les skis ont refroidi et ne vont plus provoquer la fonte de la glace autour d'eux, glace qui les emprisonnerait dès qu'elle aurait regelé. Vu qu'on parle beaucoup au Comité de Protection Environnemental des problèmes liés au nombre croissant de touristes et de la diversification des activités (kayak, alpinisme, ...), et du fait que cela augmente les risques d'accidents, je lui demande s'il a déja dû intervenir pour une opération de secours. C'est le cas, mais pour un membre de l'expédition Shackelton. Jan s'est rendu sur les lieux, trop distants pour y aller avec un seul plein. Il devait donc reprendre du fuel en chemin. D'abord, il ne voit pas les fûts, puis en tournant, il repère un peu de couleur orange et verte et reprend du carburant. Arrivé au-dessus des blessés, il trouve que le terrain n'est pas suffisamment plat pour un atterissage. Il retourne à l'aéroport, en épuisant les derniers fûts de fuel. Entretemps, l'expédition s'est déplacée vers un terrain qui semblait meilleur. Après un nouveau dépôt de fuel, l'avion re-décolle, s'arrête au dépot puis finit par atterir près du blessé qu'il reprend. Jan dit que c'est parfois tentant de vouloir essayer d'atterir en comptant sur la chance, mais qu'il y résiste car s'il arrive quelquechose à l'avion, la personne à évacuer a encore moins de probabilité de s'en sortir, et il y a des blessés en plus et un avion cassé! Ensuite, Jan repart pour la station norvégienne de Troll où il va chercher trois personnes le soir. L'une d'elle parle français et s'avère être un italien qui travaille pour une société wallonne pour le réseau européen de GPS, Galileo. Il allait inspecter si les travaux faits à Troll étaient adéquats, et parcourt ainsi le monde. Il dit que ce nouveau réseau GPS pourrait commencer l'an prochain.
Nous occupons la tente mess et profitons du séjour à Novo pour échanger des photos, finir des blogs, etc... En parlant avec Benoît, je réalise que c'est lui, la personne qui avait publié dans Valériane une étude montrant qu'isoler un batîment permet des économies plus importantes que les panneaux solaires. J'avais lu son article en trouvant intéressant que quelqu'un ait fait une étude là-dessus, puis avais entendu son interview le matin par Sophie Brems qui avait ajouté qu'il partait justement pour la Station antarctique. Benoît me dit qu'il a pris une pause carrière pour pouvoir venir travailler à Utsteinen, chapeau! La TV russe marche de manière permanente dans la tente mess à Novo. C'est comique, car même sans comprendre le language, les images attirent l'attention. Ce doit être une fascination pour les images qui bougent.
Le dimanche, le temps est superbe et nous attendons le premier vol des invités vers 9H. Je revois avec plaisir Hugo Decleir, un glaciologiste de la VUB, qui a beaucoup travaillé pour que la station soit concrétisée, et Alexandre de Lichtervelde, qui est responsable de l'aspect 'protection environnementale' au Ministère de l'Environnement. Tous les trois, nous avons assisté en juin 2008 à la réunion annuelle du Traité Antarctique à Kiev en Ukraine. Pour moi, c'était la première fois que je faisais partie de la délégation belge et j'ai surtout été présente à la réunion du Comité de Protection Environnementale (CEP). Les discussions sur la bioprospection me concernaient aussi mais comme les deux réunions, celle du Traité et celle du CEP avaient lieu en parallèle, impossible de se partager en deux. La bioprospection concerne l'exploitation des ressources biologiques et génétiques des organismes antarctiques, avec des questions comme 'Est-elle compatible avec l'esprit du Traité?', 'Y a t'il un impact environnemental?', 'S'il y a des bénéfices, faut-il prévoir des processus de partage comme prévus dans la Convention pour la Diversité Biologique (CBD)?'. Ceci dit, le mot de 'bioprospection' lui-même est sujet à différentes interprétations et il y a un certain flou par rapport aux activités de recherche fondamentale, qui produisent parfois aussi des résultats utilisables par l'industrie.
Pendant qu'un brunch est offert aux invités, Cyrille dit vouloir encore chercher des collemboles et il est d'accord d'aller sur l'arête rocheuse, dans la parcelle qui pourrait servir de référence pour le futur. Je suis contente car nous n'avions pas encore de données sur les invertébrés à cet endroit. Je cherche les petites bêtes avec lui, mais je ne suis pas douée pour les repérer. Cyrille trouve des acariens en quantité, mais pas de collemboles. Il pense que c'est trop sec.
Dans la tente mess, les cuisiniers et leurs aidants se préparent au souper, qui aura lieu à la Station et montent les mets avec les skidoos.
Ensuite, des groupes d'invités font une visite guidée des installations extérieures à la Station, les abris pour les appareils de monitoring, la station météo, ... Je rejoins le groupe guidé par Alain près de la Station qui explique la construction et combien l'isolation est importante.
Ensuite, nous arrivons sur la terrasse où aura lieu l'inauguration officielle à 13H. La ministre Sabine Laruelle et le ministre Pieter De Crem font des discours enthousiastes et dévoilent chacun une plaque commémorative.
Benoît est sur le toit de la Station pour filmer.
Une première réception a lieu dehors sur la terrasse. Nous rencontrons le Prof. Shiraishi qui dirige l'Institut japonais de recherches polaires. C'est lui qui a élaboré les cartes géologiques de la région que nous utilisons tous les jours! J'ai dû mettre l'une ou l'autre photo de ces cartes sur le blog. C'est intéressant de rencontrer la personne qui a réalisé un travail dont nous avons bien profité! Il explique qu'il est venu 4 ans de suite dans la région pour réaliser cette cartographie. Une année, ils ont eu l'appui d'hélicoptères. Nous spéculons aussi sur les raisons pour lesquelles les blocs de granit semblent plus favorables à l'établissement d'organismes que d'autres roches. D'après le Prof. Shiraishi, le fait que l'érosion se fait de manière particulière, en découpant des blocs presque rectangulaires, semble important. Il informe aussi Alexandre Mangold qu'ils ont des données météorologiques continues pour plusieurs années pour la station d'Asuka, qui est relativement proche. Il lui demande s'il serait possible de faire une comparaison avec Utsteinen? Tout au long du séjour, il se montre intéressé par les activités scientifiques et discute avec les uns et les autres. Ensuite, les invités sont enfin autorisés à découvir l'intérieur de la Station, la cerise sur le gâteau! Ils sont divisés en plusieurs groupes qui font une visite. L'une des haltes a lieu dans le futur bureau où nous les attendons de pied ferme pour 'Sciences expo@Utsteinen'.
La première série d'exposés se passe bien, le public est quand même super, super fatigué après deux nuits en vol, sans presque dormir. Mais la deuxième série est interrompue car le courant défaille. Le circuit électrique est celui du chantier et n'a donc rien à voir avec celui de la Station proprement dite. L'honneur est sauf! Après cela, il est proposé aux nouveaux arrivants de prendre un peu de repos ou d'aller faire une promenade. A ce moment, Sven me rappelle que je leur avais proposé de reprendre la conférence grand public que j'avais donné le dimanche à Tour et Taxis, lors du prémontage de la Station. Pourquoi ne pas le faire maintenant, vu que nous avons tous un peu de temps libre? .
Nous nous retrouvons donc dans le container scientifique avec Sven, Raphael, Dries et Karolien. J'utilise l'écran de mon ordinateur pour montrer les dias. Après, a lieu une vraie bonne discussion avec des questions très pertinentes et des échanges qui font réfléchir chacun. Je trouve vraiment très agréable ces dialogues avec des personnes intéressées, c'est même carrément gai! Sven me remercie, mais en fait, le merci est réciproque. Il y a une dizaine de jours, il était venu voir les cyanobactéries au microscope avec d'autres, et nous avions parlé des pigments photosynthétiques. En plus de la chlorophylle, qui est capable de capter l'énergie d'une partie du spectre de la lumière visible, les cyanobactéries se sont dotées de pigments supplémentaires qui peuvent utiliser justement les photons qui ne sont pas pris par la chlorophylle. Sven fait le parallèle avec les panneaux solaires où on ajoute des récepteurs. Plus tard, je lui dit que j'ai fait le lien entre sa réflexion et les nouvelles activités de Gauthier Chapelle, qui travaillait pour l'IPF mais est maintenant dans une autre association (biomimicry, ou un nom qui ressemble à cela) dans l'esprit d'imiter les solutions que la Nature a trouvé depuis bien longtemps. Je dois dire que je suis admirative du travail des membres de Laborelec pour la Station, tout comme celui de Jean et Wim de Schneider Electric qui montrent la même motivation et travaille vraiment beaucoup. Dominique nous avait expliqué qu'elle et ses collègues avaient été sélectionnés sur leur motivation et après un séjour en mai à Chamonix. Ils sont sept ingénieurs de Laborelec à la station maintenant, car Conrad est venu les rejoindre pour une semaine.
Entretemps, un buffet dinatoire commence à la Station. Je discute avec un pilote, d'origine hollandaise mais émigré au Canada. Les avions qui ont amené les VIP sont restés à Utsteinen et les pilotes sont évidemment invités à la réception. En fait, les Bassler sont loués à ALCI mais la Société qui s'en occupe est canadienne. Il a amené son appareil du Canada en novembre et le ramèra en 6 jours début mars, quand la saison Antarctique sera terminée. En été, il vole alors dans l'Arctique! Quelle vie! Il trouve cela passionnant, car il a l'occasion de rencontrer bien des personnes de pays différents et souvent des scientifiques avec qui il a des conversations intéressantes. Il me cite Dale Andersen, qui plonge dans les lacs polaires recouverts de glace. C'est une belle coincidence car justement j'intègre des photos prises par Dale dans le lac Hoare dans mes présentations sur les cyanobactéries antarctiques. Dans ce lac constamment couvert de glace, le fond est couvert d'un tapis microbien rougeâtre assez épais et remarquable.
Jan me dit aussi qu'il a fait récemment 6 voyages pour un projet de recherche américain qui concerne le lac 'Deep lake' près de Novo. Le projet est financé par un mécène de Chicago et la NASA est impliquée. J'en ai entendu parler par Zorigto Namsaraev, un post-doc russe, actuellement dans mon laboratoire. D'après Jan, ce projet a apporté plein de matériel flambant neuf et il se demande s'il n'y a pas de duplications des efforts en recherche antarctique. Je lui explique que les budgets aux USA sont sans commune mesure avec ceux des projets belges, et que grâce à cela, les chercheurs américains n'ont pas besoin de chercher de collaborations et se suffisent à eux-mêmes. Par contre, les belges ont plutôt une tradition de collaboration, par besoin de complémentarité, me semble t'il. Pour l'Année Polaire Internationale, j'avais contacté le Prof. Berry Lyons qui dirige le programme du Long Term Ecological Research Network dans les Vallées Sêches de Mc Murdo. Il m'avait répondu qu'ils avaient déjà leurs spécialistes à pied d'oeuvre dans le domaine de l'écologie microbienne et l'étude des lacs (limnologie). Je suis plutôt jalouse de ces sites LTER, où les recherches sont faites à long terme, de façon multi-disciplinaire et qui sont financés par le National Science Fondation (NSF) des USA. Peut-être réussirons-nous à mettre quelquechose de ce genre en route grâce au projet européen CAREX, sur les extrémophile? Jan me recommande également la lecture de 'The shelfish gene' de Richard Dawkins.
Alexandre me dit que le workshop sur la bioprospection, qui a eu lieu début février, s'est très bien passé et que des 'papers' vont être introduits par différents pays sur ce sujet. En fait, les 'papers' à la Réunion du Traité Antarctique sont, soit des textes d'information simplement cités mais pas discutés, soit des 'Working papers' avec des propositions concrètes qui sont discutés par tous. La banque de données, soutenue par la Belgique et réalisée par l'UNU/UNEP a aussi reçu bien des appréciations positives. Elle a pour but de répertorier les cas où l'exploitation des ressources biologiques et génétiques d'organismes antarctiques a donné lieu à des produits commerciaux. Elle est très utile pour se rendre compte de l'importance de ce type d'activités et il faudrait pouvoir la rendre permanente, et que les membres du Traité fournissent eux-mêmes les informations.
Un petit film est projeté avec un message du Prince Philippe et sa fille, la Princesse Elisabeth qui a donné son nom à la Station. Il exprime sa fierté de voir la Belgique construire une base scientifique sur des concepts nouveaux et durables. La princesse a fait un collage concernant la base, qui est maintenant suspendu au mur.
Le repas est vraiment excellent, fruit des efforts de David et Grégory, et de l'équipe qui les a aidé à préparer. Grâce aux pilotes qui vont de station en station, on saura bientôt partout en Antarctique que l'inauguration de la Station Belge valait la peine d'y participer!
Dear all, This blog is about our scientific research in the frame of 3 expeditions to the Princess Elisabeth Station, the new Belgian Research Station, in 2009, 2010, 2011 and 2012. The expeditions are financed by the Federal Science Policy Office for the project BELDIVA. The logistic support at the Station is ensured by the International Polar Foundation. Guides from the Belgian Army have also accompanied us during the field trips, as the photograph René Robert. In addition, in 2013, one of us has been invited to participate to a expedition by INACH (Chile). Who are we? Scientists, mostly from Belgian Universities and Institutions, and our international colleagues who are proposing their complementary expertises. We work together and a characteristics of the Antarctic research is its high level of international collaboration, as requested by the Antarctic Treaty (http://www.ats.aq/index_e.htm). Because our teams are multilingual, the blog will also contain texts in different languages (presently English, Dutch, French, and maybe more in the future...). It is possible to have translations with Google. Hopefully, you will enjoy our chronicles, and do not hesitate to write comments and questions!
Beste, Deze blog betreft onze wetenschappelijk onderzoek gedurende drie expedities naar het Princess Elisabeth Station, de nieuwe Belgische Onderzoekstation, in 2009, 2010, 2011 en 2012. De expedities werden door de Federal Science Policy Office gefinancieerd voor het projekt BELDIVA. De logistieke ondersteuning wordt door de International Polar Foundation verzekerd. Gidsen van het Belgische leger hebben ons ook in het veld vergezeld, net zoals de fotograaf René Robert. Bovendien, in 2013, kon één van ons deelnemen aan een expeditie van INACH (Chili). Wie zijn we? Wetenschappers, meestal van Belgische universiteiten en instituten, en onze internationale kollega’s die hun complementaire expertise aanbieden. We werken samen, en een karakteristiek van Antarctische onderzoek is juist het hoog niveau van internationale samenwerking, zoals door de Antarctic Treaty gevraagd wordt (http://www.ats.aq/index_e.htm). Omdat onze teams multitalig zijn, zal de blog teksten in verschillende talen bevatten (nu Engels, Nederlands, Frans, en misschien meer in de toekomst…). U kunt vertalen met Google. Wij hopen dat jullie geinteresseerd zullen zijn ! Aarzel niet om kommentaren en vragen te schrijven...
Cher lectrices et lecteurs, Ce blog concerne notre recherche scientifique lors de trois expéditions à la Station Princess Elisabeth, la nouvelle station de recherche Belge, en 2009, 2010, 2011 et 2012. Les expéditions sont financées par le 'Federal Science Policy Office' pour le projet BELDIVA. Le soutien logistique à la Station est assuré par la Fondation Polaire Internationale. Sur le terrain, nous avons été accompagnés par des guides de l’Armée Belge, ainsi que le photographe René Robert. De plus, en 2013, l'un de nous a pu participer à l'expédition organisée par l'INACH (Chili). Qui sommes-nous ? Des scientifiques, surtout des universités et instituts belges, et nos collègues internationaux qui proposent leurs expertises complémentaires. Nous collaborons et une des caractéristiques de la recherche en Antarctique est son haut niveau de coopération internationale, comme requis par le Traité Antarctique (http://www.ats.aq/index_f.htm). Etant donné que nos équipes sont multilingues, le blog contiendra aussi des textes dans différents languages (actuellement anglais, néerlandais, français, et peut-être d’autres dans le futur…). Vous pouvez traduire les textes avec Google. Nous espérons que vous serez intéressés par nos chroniques ! N'hésitez pas à nous écrire si vous avez des commentaires ou des questions.